Hélène Dorion "comme résonne la vie" éditions Bruno Doucey

 

 

Héléne Dorion entreprend une recherche dans son passé , l'enfance avec ses parents " qui sarclaient la terre , arrachaient les herbes égarées parmi les tulipes hautes qui flottent encore dans le jardin comme des étoffes , et mesurent les vents à venir " .

 

Elle a trouvé le premier amour dans ce jardin , l'amour qui porte la déchirure , ,l’hésitation , le doute ... les voyages poussent le poète sur des chemins de lumière, toujours à la recherche de cette flamme d'amour ,et parfois le bruit des orages ouvre le miroir ,

 

" c'est ici que je songe à partir , sans bagages , pas même ce labyrinthe de chimères qui avale parfois jusqu’à l'éclaircie pas même l'attente et les traces entremêlées parmi les ans ni les seuils bardés de pierres ."Sur l'horizon , la lumière pourrait apaiser les forces intérieures , elle tarde ,épuise les regards clairs .

 

Il faut y croire avec force , échanger le soleil contre la tempête .

Dans le mouvement de la nuit , le poète ouvre et découvre le bouquet énorme des variations du monde . Ses mains se lèvent comme des arbres tendus , et dans le sillon de nombreuses couleurs " étrange comme le monde vacille parfois entre nos mains couleur chairs , sans voix le paysage craquelle et laisse s'égoutter la sève sur les revers de sa veste ".

 

Le monde se parfume de fleurs fanées , sans odeur apaisante , nous le vivons chaque jour suivant la variation des hommes " le monde nous enferme dans les secousses répétées de l'histoire , la dérive du naufragé , les lambeaux de l'errant " .

 

L'histoire apporte ses flaques qui passent et reviennent avec d'autres visages .

 

A travers les photographies de notre univers , le poète s'interroge et interroge l'amour qui semble caché " est-ce toi dans ce paysage de montagnes silencieuses qui traces du doigt les courbes de l'horizon , est-ce toi devant la mer qui regardes le ciel s'effilocher au bout du jour ?" cet amour éphémère ou en sommeil bouleverse ses sentiments , le poète voudrait avancer sans risque

" le risque n'est-il pas de l’ordre de l'amour de ce qui remue , défaille , bascule en nous et creuse enfin plus de miroirs , juste des fenêtres qui s'ouvrent sur la vie , juste la vie qui nous fait ressentir ce qui bouge et nous déplace avec elle , nous déplace ?"

 

Arrivera t-elle à ouvrir les portes de la vie et de l'amour , que son souhait se réalise dans le feu des émotions , pour pouvoir enfin trouver le chant profond des oiseaux joyeux " comme résonne la vie" .

 

 

 

Alain LE ROUX